Intervenant en marge de la présentation hebdomadaire du conseil des ministres, le ministre porte-parole du gouvernement s’est prononcé sur l’activité politique de l’ex doyen de la faculté de droit et sciences politiques Frédéric Joël Aïvo et la présence de l’ancien président Boni Yayi dans le septentrion, estime que les déplacements de ces personnalités sont la preuve on ne peut plus irréfutable que le Bénin est un pays où les libertés individuelles et collectives sont respectées. Mieux, le ministre trouve dans la démarche du professeur Aïvo, une campagne électorale précoce, ce que les textes interdisent selon lui. Il n’en faut pas plus pour provoquer un torrent de réactions de la part de nombreux citoyens et observateurs de la scène publique.  

 

De ces nombreuses réactions aux propos du ministre, il faut retenir entre autres, celle du politologue Richard Boni Ouorou qui n’est pas allé du dos de la cuillère pour signaler à l’attention du ministre Orounla, ce qui suit : «Je prie M le ministre, dans le souci de balayer sa demeure, de ne pas jeter ses ordures chez le voisin. Notre maison est propre et nous comptons la garder ainsi, sans compromission ».

À mon cher frère et ami, M Ministre Alain Orounla, je voudrais à la décharge du professeur et des personnes visées, lui rappeler que le ministre porte parole devrait pouvoir faire la différence entre la campagne électorale qui est une relative communication de projet et l’animation de la vie publique et politique qui est une relative communication entre citoyens de leurs visions sociétales. 

Il est fortement impossible, de comparer une rencontre entre citoyen.ne.s dont l’objectif est d’échanger leurs visions sur l’état du pays afin d’aboutir à des aspirations consensuelles, à une campagne politique dont le but est de formuler des arguments se basant sur un projet précédemment dévoilé. 

M. Joël et tous ceux et celles qui l’accueillent sont des citoyens qui ont le droit de se retrouver pour discuter de leur pays et en toute discussion, il y a un leader de séance qui dans le cas d’espèce se trouve être M Joël Aïvo et tous les autres visés par la dénonciation du ministre. 

Si discuter entre concitoyens est assimilable à des événements politiques à caractère  « prosélytiste »,  que dira-t-on du fâ prosélytiste et des affiches aux mêmes effets à travers  le pays, sans oublier les événements nationaux de « suscitation » de candidature au profit de qui nous savons. 

Je prie M le ministre, dans le souci de balayer sa demeure, de ne pas jeter ses ordures chez le voisin. Notre maison est propre et nous comptons la garder ainsi, sans compromission. 

Richard Boni Ouorou 

Quelques propos du ministre

«Les déplacements de Yayi et de Aïvo sont la preuve que les libertés sont garanties au Bénin » Alain Orounla

Au Bénin, la liberté d’aller et de venir ainsi que la liberté d’opinion est garantie contrairement à ce que disent beaucoup de compatriote. C’est l’explication donnée ce mercredi par le ministre Alain Orounla sur l’activité sur le terrain de l’ancien président Boni Yayi et de l’agrégé de droit Joël Aïvo.

En marge du compte rendu du conseil des ministres en sa session du mercredi 2 Septembre 2020, le ministre de la communication et des postes, Alain Orounla s’est prêté à quelques questions des professionnels des médias.

Sur l’activité politique de l’ex doyen de la faculté de droit et sciences politiques et la présence de l’ancien président Boni Yayi dans le septentrion, le ministre porte parole estime que les déplacements de ces personnalités sont la preuve on ne peut plus irréfutable que le Bénin est un pays où les libertés individuelles et collectives sont respectées.

    « Vous allez remarquer que c’est la preuve et la confirmation, la démonstration de ce que les libertés sont garanties en République du Bénin. La liberté d’aller et de venir » a fait savoir le ministre porte parole.

Pour lui, il n’y a rien d’étonnant ou d’extraordinaire que ces personnalités se déplacent dans le pays comme d’ailleurs tout citoyen qui n’a rien à se reprocher. Pour le ministre Alain Orounla, il faut se réjouir du déplacement de ces personnalités qui prouvent que le Bénin est un pays de liberté, un pays de démocratie qui permet en tout lieu, en toute circonstance, la contradiction.

    « Puisqu’il s’avère que ces personnalités se livrent à une critique de l’action gouvernementale. Ce qui est un droit comme d’autres acteurs dont je fais partie » a affirmé Alain Orounla

Le ministre Alain Orounla fait savoir qu’il se réjouit personnellement pour son compatriote Joël Aïvo qui démontre par lui-même qu’il n’a pas de soin particulier à apporter à notre démocratie, qu’elle ne présente pas de signe de convalescence ou de symptômes puisque l’exercice auquel il se livre est la preuve que la démocratie béninoise se porte mieux; a conclu, le ministre Alain Orounla.

Par Edouard Djogbénou le 3 Sep 2020 à 16:58

 

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