Le politologue Richard Boni OUOROU a comme à l’accoutumé, abordé l’un de ses thèmes favoris, à savoir la politique, et de manière spécifique, la loi fondamentale dans son interaction avec la République. Pour l’analyste, il existerait un monstrueux amalgame entre Constitution et République en ce sens qu’une certaine école – à la source de laquelle s’abreuverait le professeur Joseph Djogbénou – soutiendrait que la moindre modification de la constitution entrainerait de facto l’institution d’une nouvelle République. Faux ! rétorque  Richard Boni OUOROU qui estime que cette posture reviendrait à confondre «Constitution» et «République», alors que les deux notions traduisent des réalités juridiques différentes.

C’est lors d’une intervention en direct sur sa page facebook le week-end écoulé  que l’intervenant a tenu à clarifier avec ses compatriotes et followers, un point important soulevé lors de ce direct et qui a rapport avec la constitution et sa révision.

D’emblée, le politologue a exhorté les uns et les autres à sortir de leurs esprits, les affirmations erronées, – citant le professeur Djogbenou, (actuel président de la cour constitutionnelle), selon qui, «…le fait même de changer une virgule dans une constitution consacrerait systématiquement une nouvelle République».

Cette affirmation est fausse, a surtout dénoncé Richard Boni qui dans une rétrospective, dira qu’à l’époque, certaines initiatives tendaient beaucoup plus « à saboter la politique de l’ancien président Thomas Boni Yayi».

En effet avertit l’analyste politique, «affirmer que le fait de réviser une constitution équivaut à fonder une nouvelle République revient à confondre «Constitution» et «République», alors que les deux notions traduisent des réalités juridiques différentes».

Citant l’article 16 de la Déclaration des droits de l’homme et des citoyens, Richard Boni soutient que  «La Constitution est un texte fondamental organisant les pouvoirs publics de l’État, et consacrant les libertés publiques». En revanche, la République est selon l’auteur, un régime politique que l’État organise par la Constitution et est appelé à mettre en œuvre au regard de spécificités l’opposant à d’autres régimes politiques. 

Cependant fera connaitre le chercheur, le passage d’un processus de révision constitutionnelle à une nouvelle République, est subordonné à un changement de régime politique. Même, l’argument agité en son temps et qui imputait à l’ancien président Yayi Boni l’intention de vouloir modifier la constitution aux fins de briguer insidieusement un troisième mandat ne résiste à aucune analyse objective. Mieux soutient Richard Boni, «il existe bien une différence de niveau entre République et Constitution bien que l’une englobe l’autre. Dès lors, le changement de République correspond à un changement de régime alors que la révision ou l’écriture d’une nouvelle constitution peut très bien se faire au sein d’un même régime politique sans en modifier la forme.

Pour le politologue, la révision constitutionnelle initiée par le Président Patrice Talon en 2019 consacre donc une nouvelle République en ce qu’elle change le régime politique présidentiel monocéphale, pour un quasi-bicéphalisme au sommet de l’État et rallonge par ailleurs les pouvoirs des élus communaux et parlementaires tout en changeant en conséquence leur statut qui évolue de simples élus à pré sélectionneurs; toutes choses qui changent radicalement notre régime politique, si ce n’est que le système politique qui ait été changé.

Bien que l’article 2 nouveau du texte se veut rassurant sur le fait que cette modification n’engendre pas une nouvelle République, une analyse rigoureuse pourrait démontrer le contraire.

AtaviDjo

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