Dans ce jeu outrancièrement politique où tous les coups sont permis, et où le cache-cache le dispute au colin-maillard, il faut avoir l’obstination chevillée au corps pour se remettre des deux mémorables chutes, l’une post-législative et l’autre, post-communale. A peine se demande-t-on ; « Jacques y es-tu, qu’il répond: «Moele et voilà» ! Donnés pour « disparus », Jacques Ayadji et les siens viennent de marquer un coup hautement politique en désignant leur candidat pour l’élection présidentielle de 2021 en la personne de…Patrice Talon. Quoiqu’on dise, l’histoire retiendra que le parti politique Moele-Bénin aura damé le pion à ses congénères du sérail présidentiel, bien que l’acte laisse le champ grandement ouvert à bien de conjectures.

Par AtaviDjo

Ce n’est pas un jackpot, Ayadji le sait sûrement mieux que quiconque. Mais cette sortie fracassante du parti, Mouvement des Élites Engagées pour l’Émancipation du Bénin (Moele-Bénin) renseigne encore davantage sur le sens d’opportunisme et de calculs froids qui caractérisent souvent les actes au sein des formations politiques. Le sens de l’opportunisme, ou celui de l’opportunité rythme et cadence les choix et options, même les plus blâmables, tandis que la froideur ou la pondération viennent consacrer certaines décisions qui suscitent autant de polémiques qu’elles ont ceci de particulier qu’elles ne feront jamais l’unanimité.

 Doit-on se laisser surprendre par l’option faite par Moele-Bénin ou encore fustiger le choix porté sur Patrice Talon alors que ce potentiel candidat n’émarge nulle part sur la liste des membres de ce parti ?

Etait-ce possible pour ce parti politique de candidater un postulant sorti de ces propres entrailles pour les échéances de 2021 ?

Toutes ces interrogations trouvent pourtant réponses – quoique certaines sibyllines – dans les déclarations antérieures du parti Moele-Bénin et de son premier responsable, Jacques Ayadji qui n’avait d’ailleurs laissé planer le moindre doute sur la ligne directrice de son parti politique, lors de sa sortie officielle le samedi 28 juillet 2018. A cette occasion l’ancien bouillant syndicaliste et désormais, Directeur Général des Infrastructures, cumulativement avec son statut de leader politique, faisait allégeance et déclarait en présence des militants du MOELE-BENIN, des sympathisants et acteurs politiques, son soutien indéfectible au chef de l’Etat. Quel autre marge de manœuvre pourrait-il encore s’offrir à ce jeune parti politique qui avait déjà eu le «culot» d’avoir à faire bande à part, malgré le chant des sirènes ? Constant dans sa ligne directrice, le parti Moele-Bénin ne faisait aucun mystère de sa position au lendemain de la deuxième douche écossaise à lui administrée par la Cena. Sur ces coups, Jacques Ayadji ne décolère pas. Son âme de frondeur prendra le dessus sur son destin de catcheur, lui faisant faire un procès en règle à cette Commission Electorale Nationale Autonome, tant décriée par des formations politiques de l’opposition et bon nombre d’observateurs, qui ont toujours mis en cause l’impartialité de cette institution, réputée pour sa propension à détecter, grossir ou minorer les fautes, selon la tête du client.    

Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, Jacques Ayadji se résout à descendre du bus électoral. Il fera remarquer, «…il est définitivement acté que notre parti ne participera pas aux élections communales du 17 mai 2020. Ainsi en a décidé la Cena à l’issue de sa plénière du 30 mars dernier sous le prétexte d’une hypothétique « absence de diverses pièces dans 230 dossiers de candidature». Le parti Moele-Bénin vient ainsi de corroborer les nombreuses récriminations d’une certaines classe politique accusée d’être «mauvaise joueuse». Mieux, le premier responsable du Mouvement des Élites Engagées pour l’Émancipation du Bénin, persiste et signe : «…Cependant, ayant la certitude d’avoir satisfait à toutes les exigences légales dans la constitution de ses dossiers, le parti avait entrepris, dès la notification de la décision, d’user de son droit de recours devant la Cour Suprême, juge du contentieux électoral ». On connait la suite.

Visiblement sonné, Jacques se remet pourtant debout        

Après son élimination de la course pour les communales et face aux «enjeux majeurs», dira la Direction du parti, Moele Bénin entend faire «une large consultation»  avant de décider d’un mot d’ordre quant à la suite de ces élections. Mais prévient-on, « Ce mot sera compatible avec la position de ce parti qui est un parti de la mouvance présidentielle. La décision que nous prendrons, les consignes que nous donnerons à nos militants montreront à la face du monde que nous sommes des partenaires fidèles. Nous sommes des soutiens du Président de la République et nous le démontrerons le 17 mai 2020». Ça na pas raté. Moele-Bénin contracte dans la foulée, un mariage…de raison (?) avec l’un des deux blocs présidentiels, il s’agit de l’Union progressiste en vue d’une mutualisation des actions sur le terrain.

 …Nous sommes des partenaires fidèles. Nous sommes des soutiens du Président de la République » Ce bout de phrase résume à lui seul, les postures passées et celles à venir, tout au moins jusqu’à l’échéance 2021, de Moele-Bénin, et plus encore de son chef. La preuve en est que même au sein du parti, ce courant démocratique vernissé aura révélé pour le compte de ce que certains on qualifié de primaires, que la proposition de candidature du président de Moele-Bénin aura été battue à plate couture face à celle de Patrice Talon par 13 des départements contre seulement 2. Ce résultat reflète on ne peut plus, les 80% d’intentions favorables qui ont conduit aux choix de la candidature de Patrice Talon pour 2021. Cette échéance de 2021 qui était en son temps, déjà évacuée par le président du parti qui l’indiquait au détour des souhaits de vœux pour le nouvel an. Moele-Bénin s’est dédié à la gouvernance et n’entend visiblement pas être pris à défaut. A la question de «Jacques y es-tu?», la réponse sans équivoque devrait être ; « Moele » voilà, nous y sommes !

Par AtaviDjo

Article précédentBénin/interminables comparutions de Casimir Kpédjo:11ème report du procès du journaliste
Article suivantBénin/Parrainage du président et du vice-président:Simple cooptation ou vraie élection en 2021 ?

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici
Captcha verification failed!
Le score de l'utilisateur captcha a échoué. Contactez nous s'il vous plait!