????????????????????????????????????

« Les élections législatives sont terminées. Passons à autre chose », se plait-on à clamer dans le camp de la mouvance présidentielle .Effectivement, on croyait l’affaire close. Il n’en est rien. Le président de l’Autorité nationale de lutte contre la corruption, (ANLC) Jean Baptiste Elias, intervenant dimanche 15 septembre 2019 sur Soleil FM, a révélé des attitudes adoptées par des certains membres des institutions chargées de l’organisation du scrutin du 28 avril dernier. Scandaleux !

Les Béninois ne cessent de le ruminer. La communauté internationale ne cesse de le regretter. Les élections législatives du 28 avril 2019, du reste les plus contestées de l’histoire du renouveau démocratique, ne se sont pas déroulées dans les règles de l’art. Inutile de ressasser toutes les péripéties de ce scrutin qui a consacré la huitième législature de l’ère démocratique dans notre pays. On rappellera néanmoins que ces élections législatives ont connu seulement la participation des deux partis politiques créés par le chef de l’Etat, Patrice Talon, au grand dam de toutes les formations politiques de l’opposition. On évoquera également l’instauration par la Cour constitutionnelle de Joseph Djogbénou  du certificat de conformité comme pièce obligatoire de candidature alors que ni le code électoral, encore moins la charte des partis ne le mentionne nulle part. On signalera évidemment la fameuse formule de « fautes mineures » du président de la Commission électorale nationale autonome-CENA- Emmanuel Tiando, formule en vertu de laquelle certains partis politiques, tout aussi fautifs que d’autres, furent admis à prendre part aux élections législatives, et pas d’autres. Et la liste des griefs contre certaines institutions à charge d’organiser ce fameux scrutin du 28 avril passé n’est pas close. Il parait nécessaire de mentionner aussi cette inédite rencontre au palais de la Marina le 1er avril 2019 entre les présidents des institutions de la république et le chef de l’Etat. Furent présents à cette assise les présidents des institutions que sont l’Assemblée nationale, la Cour constitutionnelle, la Cour suprême, le Conseil économique et social, la Haute cour de justice, la Commission électorale nationale autonome, le médiateur de la république et la Haute Autorité de l’audiovisuel et de la communication.

 Perçue au départ comme une rencontre visant à trouver une issue à l’impasse électorale, suite à l’exclusion du scrutin des partis politiques de l’opposition, exclusion décidée unilatéralement par la CENA du prof Emmanuel Tiando, c’est avec une grande consternation qu’au sortir de cette rencontre entre les présidents des institutions de la république et le patron de l’Exécutif, les Béninois apprirent la poursuite du processus électoral. Or, le président de l’Assemblée nationale d’alors, Adrien Houngbédji, dûment mandaté par Patrice Talon aux fins de trouver une solution législative à la crise, n’avait pas encore produit le rapport de sa mission de médiation.

 Voilà quelques gros nuages qui avaient assombri le ciel des élections législatives du 28 avril 2019.Malgé tout, le scrutin se tint à bonne date. Mais si toutes les institutions en principe prévues par la constitution du 11 décembre 1990 pour équilibrer autant que faire se peut les prérogatives ô exorbitantes de l’Exécutif ont failli lors de ces consultations à travers une démission flagrante et patente, la CENA de Tiando et le ministre de l’intérieur, Sacca Lafia,   sont particulièrement montrés du doigt comme ceux par lesquels le scandale arriva. Et on croyait avoir tout entendu des graves déviances dont certains membres des deux organes investis pour organiser le scrutin s’étaient rendus coupables. Erreur.

Jean Baptiste Elias déballe

Il n’est plus à présenter, le truculent président de l’Autorité nationale de lutte contre la corruption-ANLC-. Et quand le cœur lui en dit et que l’envie le prend, le premier responsable de cet autre organe de lutte contre la corruption n’hésite pas à mettre les pieds dans les plats. C’est ce qui arriva dimanche, 15 septembre passé. Invité de l’émission « San langue de bois » de notre confrère Soleil FM, le président de l’ANLC se débarrassa effectivement de toute langue de bois pour révéler ce qu’il sait à propos de la conduite des affaires par la CENA et le ministère de l’intérieur à l’occasion de l’examen des différents dossiers de candidature  dans le cadre des élections législatives tenues le 28 avril passé. Les propos tenus par l’invité de Saturnin Djossou démontrent à nouveau, si besoin était, que les membres de cette CENA-là, sous la férule du prof Emmanuel Tiando, ont fait montre de très peu de professionnalisme dans l’exercice de leurs fonctions. Nos oreilles en ont entendu. Extraits.

Les dessous des élections législatives du 28 avril, mis à nu

  « Au niveau de la Cena, nous avons un candidat ; il est écrit sur son certificat de résidence qu’il est né le 26 décembre 1984 à Grand-Popo. Sur le certificat de nationalité du même candidat, il est né vers 1976 à Comè. Ensuite, il est né le 3 juin 1976 à Comè ; c’est ce qui est écrit sur les autres pièces du même individu, élu député de la 8ème législature ».

« Sur sa carte d’électeur d’un autre, il est né le 04 avril 1964; mais sur les autres pièces à savoir acte de naissance, certificat de nationalité, casier judiciaire, certificat de résidence, il est né le 03 avril 1964. Ce n’est pas fini…Il y a un autre qui est né à Kérou sur sa carte d’électeur, puis sur les autres pièces, il est né à Kouandé. Un autre est né en 1972 dans la déclaration de candidature ; maintenant sur les autres pièces, il est né en 1973. Il a été aussi élu…Il y a encore beaucoup d’autres cas. Ce que je dis là, il y a au moins 17 personnes qui ont vu ça à la Cena. Pourtant on a validé ça…J’ai toutes les preuves en main », s’est offusqué Jean-Baptiste Élias sur Soleil Fm, hier.

Et ce n’est pas fini. « Au niveau du ministère de l’Intérieur pour le récépissé ou pour le certificat de conformité, on a recalé des partis parce que les statuts et le règlement intérieur n’ont pas été signés. Ensuite on a recalé des partis parce qu’il y a eu des fautes au niveau des états civils des membres; des erreurs de noms, des erreurs de date de naissance…C’est très bien de l’avoir fait; mais quand nous sommes dans la même République, il faut que la même règle s’applique à tout le monde…Malheureusement ça ne s’est pas passé comme ça », a dénoncé le président de l’ANLC.

Au regard des déclarations de Jean Baptiste Elias sur les ondes de Soleil FM dimanche dernier,  les membres de la CENA 2019, à commencer par le président , Emmanuel Tiando,  d’une part, et certains fonctionnaires du ministère de l’intérieur, à commencer par le Ministre Sacca Lafia, d’autre part, ont tout simplement violé la constitution du 11 décembre 1990, notamment l’article 35 qui stipule : «  Les citoyens chargés d’une fonction publique ou élus à une fonction politique ont le devoir de l’accomplir avec conscience, compétence, probité, dévouement et loyauté dans l’intérêt et le respect du bien commun. » La suite ?…

Esmer Kakpo.

Article précédentÉconomie/Mesures protectionnistes tous azimuts dans la sous-région Bénin: L’étau se resserre
Article suivantÉconomie/Fermeture des frontières terrestres au-delà des 28 jours annoncés:Le Nigeria maintient le blocus

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici
Captcha verification failed!
Le score de l'utilisateur captcha a échoué. Contactez nous s'il vous plait!