
Une déclaration lapidaire, un rien sibylline, lancée au sortir de la messe couronnant le pèlerinage marial à Dassa le 15 aout dernier. Voilà qui a suffi pour relancer la polémique relative à l’impasse évidente que connait la médiation entamée par l’église catholique début juin 2019 aux fins de trouver une solution à la crise politique née de l’exclusion de l’opposition du scrutin du 28 avril 2019.
Où en sont les médiateurs de la Conférence épiscopale du Bénin dans le processus ? Tous les acteurs impliqués dans cette crise ont-ils été rencontrés par les évêques médiateurs ? La rencontre avec le chef de l’Etat, Patrice Talon, n’a jamais eu lieu, malgré les lettres d’audience adressées au premier magistrat, de sources proches du clergé. Or, au regard de l’agenda arrêté par les médiateurs, suite aux premières rencontres organisées et tenues dans le cadre de cette médiation, un point d’étape devrait être fait au président de la république. Lequel point permettra de faire un bilan à mi-chemin du processus. Les médiateurs avaient ainsi rencontré certaines personnalités politiques nationales, les responsables de l’opposition et ceux de la mouvance, sans oublier les acteurs de la société civile. Seule pièce manquante au tableau, la rencontre avec le chef de l’Etat. Mieux, comme pour couper l’herbe sous les pieds des hommes de Dieu, Patrice Talon invite et reçoit au palais de la Marina quelques responsables politiques dans le cadre du dialogue « franc et direct » par lui annoncé. A quoi sert alors la médiation entamée par les évêques ? C’est dans ce clair-obscur qu’intervient cette déclaration du 15 aout dernier à Dassa : « La médiation continue ». Qui avait décrété sa suspension ? Visiblement, on sentait la gêne des médiateurs vis-à-vis de l’opinion publique. Les évêques commençaient par se lasser de la situation ambiguë de leur médiation . La presse s’en mêle. « Il n’en est rien », se dépêche de lancer les évêques à travers un communiqué de presse. La médiation se poursuit donc. Dont acte. Seulement, on piaffe d’impatience de voir les retombées de cette fameuse médiation qui ne fait que languir.
MAV.
Annoncé sur Radio France Internationale et abondamment relayé sur les réseaux sociaux, le clergé béninois aurait suspendu jusqu’à fin octobre, date de sa prochaine plénière, sa médiation dans la résolution de la crise post-électorale qui secoue le Bénin depuis plusieurs mois et qui a déjà fait des morts. Contre toute attente, dans un communiqué en date du 21 Août 2019 et signé par sa cellule de communication la conférence épiscopale a démenti sa suspension annoncée, et réitéré sa disponibilité qu’elle a même motivée par son appel national à la prière lors du pèlerinage marial à Dassa le 15 août passé, afin que le Bénin trouve enfin une issue favorable dans cette crise qui n’a que trop duré.
Voilà qui est bien étonnant ! À qui pourrait profiter la suspension de la médiation du clergé ? Qui a fourni l’information erronée à RFI pour qu’elle la distille sur un média d’une telle envergure ? Qui a intérêt à ce que la crise ne trouve pas de dénouement ?

En tout cas lorsqu’on sait que le Bénin est dirigé depuis quelques années selon la ruse et qu’il n’y a que le bon sens selon les dirigeants actuels qui vale, on peut comprendre que l’implication du clergé n’arrange pas ceux à qui profite l’exclusion des partis politiques de l’opposition, des dernières législatives, ce qui a aboutit à un parlement mono-colore. Aussi à la main tendue du chef de l’État dernièrement, quelle n’a pas été la surprise de l’opinion publique de constater que le clergé, malgré son avancée dans les négociations vu qu’elle a déjà rencontré presque la totalité des partis exclus des élections, n’a pas été invité et que seuls une dizaine de partis politiques dont certains jamais entendu parler sur l’échiquier national, l’ont été pour finalement être appelés à remplir des conditions plutôt capricieuses et sans fondement juridique.
Landry Vodji










