(Il appelle tous les démocrates à s’unir pour le faire sauter)

Face à un groupe de leaders politiques à qui il s’adressait le dimanche 16 août dernier à Glazoué (centre du Bénin), le Professeur Joël AÏVO s’est une fois encore clairement attaqué au parrainage. Selon lui, la réforme phare de l’éligibilité à la présidence de la république doit sauter pour éviter à notre peuple un nouveau traumatisme douloureux.
« Nul ne peut être candidat aux fonctions de président de la République s’il n’est dûment parrainé par des élus dans les conditions et suivant les modalités fixées par la loi. » C’est ce qui figure à l’article 44 nouveau de la constitution du Bénin, depuis sa révision dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre 2019. Un changement fondamental au regard de l’option prise par les pères fondateurs du Renouveau démocratique béninois initié en 1990. Et comme l’a prévu la nouvelle constitution, c’est dans le code électoral que cette nouvelle disposition sera précisée. Le législateur a en effet désigné exclusivement les députés et les maires pour parrainer les candidats : « Nul ne peut être candidat aux fonctions de président de la République ou de vice-président de la République s’il n’est dûment parrainé par un nombre de députés et/ou de maires correspondant à au moins 10% de l’ensemble des députés et des maires. », précise l’article 132 du nouveau code électoral.
Une disposition mortifère
La réforme, initiée au lendemain d’une élection législative meurtrière (une dizaine de morts au moins à Cotonou et dans le département des collines, selon des chiffre non officiels) avait alors fait grand bruit. L’opposition y avait vu une nouvelle provocation du pouvoir qu’elle a accusé de belligérance gratuite. Dès le lendemain de la réforme, le professeur AÏVO l’avait qualifiée de « disposition mortifère » dans une allusion claire aux violences post-électorales de mai et juin 2019. « Le système de parrainage qui a été inventé, c’est l’autre nom du certificat de conformité (disposition au moyen duquel la cour constitutionnelle avait permis au ministre de l’intérieur d’écarter l’opposition de la course pour les législatives de 2019, ndlr). Le parrainage, conduira notre pays une nouvelle fois dans une zone de turbulence, parce que c’est un mécanisme d’exclusion, c’est un mécanisme d’érosion du pluralisme, c’est un mécanisme destiné à empêcher la compétition. » avait-il martelé dans un entretien spécial accordé à la télévision SIKKA TV en novembre dernier.
Le parrainage doit sauter
A 7 mois de l’élection présidentielle, la question du parrainage reprend un intérêt évident pour l’opinion publique et principalement pour les groupes sociaux que l’universitaire rencontre depuis quelques mois dans ce qu’il a dénommé le « dialogue itinérant ». Pressé de questions sur sa stratégie pour obtenir le parrainage, alors qu’il n’est ni de l’Union Progressiste, ni du Bloc Républicain et que l’opposition n’est pas du tout représentée au sein du collège des 160 parrains, le professeur répète inlassablement que « le parrainage doit sauter ». C’est aussi ce qu’il a expliqué à ses différents auditoires du weekend dernier dans le Zou et les Collines : «la prochaine élection présidentielle sera ouverte sinon elle sera ouverte, il ne peut en être autrement », a-t-il répondu dimanche à ses ôtes de Glazoué, dans une rhétorique pleine de gravité, avant d’inviter « toutes les forces démocratiques du Bénin à s’unir pour faire sauter le parrainage qui est un déni de démocratie ».










