Le Prd sans député, ni maire et sans même le moindre conseiller communal ? Ce qui aurait paru invraisemblable sur (25) vingt cinq ans de vie politique intense, (1991-2016), le Parti du Renouveau Démocratique réussira le tour de force en seulement 04 ans et demi à le faire. Se retrouver au plus bas de l’échelle, une énorme prouesse en termes d’échec, soit dit en passant. Ce revers est incontestablement le fruit du partenariat entre le parti arc-en-ciel et le chantre de la Rupture. Le moins qu’on puisse dire, est que le Prd a absolument tout perdu depuis qu’il est entré dans son partenariat avec le Président Talon. Retour sur environ cinq années d’un partenariat à sens unique. Tchoco tchoco: la Bérézina !

Septembre 2015. Nous sommes à 6 mois d’une élection présidentielle à très fort enjeu politique et l’opinion publique nationale attend avec une certaine fébrilité les conclusions de la traditionnelle université de vacances du PRD. Celle de cette année est particulière. Elle se tient quatre (4) mois seulement après l’ascension de Me Adrien HOUNGBÉDJI au perchoir de l’Assemblée Nationale pour la troisième fois de l’histoire du renouveau démocratique. À 73 ans, l’emblématique président du parti ne pouvait plus briguer la présidence de la république. Qui donc pour reprendre ce lourd étendard qu’en 23 ans et 5 élections présidentielles, Me Adrien HOUNGBÉDJI n’aura jamais réussi à planter au sommet de l’état ? La réponse tombe le 20 septembre sous-forme de profession de foi : « 25 ans d’existence pour le parti, c’est 23 ans dans l’opposition. Nous ferons tout pour rester dans le gouvernement à partir de 2016 », confiait alors à la presse, l’une des personnalités les plus influentes du parti à l’époque. Il ira même plus loin « l’ambition du Prd, c’est de pouvoir gérer à partir de 2016 au moins 50% du pouvoir exécutif ».
Des alliances contre-nature…
La cause est entendue, le PRD ne fera plus jamais l’opposition. Étant entendu que présenter un candidat en interne, revient à prendre le risque d’être battu et donc d’assumer un nouveau quinquennat dans l’opposition, le choix est fait. Et il n’en est pas question ! Même si plusieurs analystes attribuent la décision de n’investir aucun candidat en interne à la volonté de Me Adrien Houngbédji de se prémunir contre l’émergence d’une nouvelle figure concurrente au sein du parti, les militants semblaient tout-à-fait convaincus qu’il était temps pour eux de participer enfin à gestion du pouvoir, usés et abusés par 23 années de lutte démocratique sans aucune « retombée » pour leur propre promotion. La dernière fois qu’un militant PRD a été au gouvernement, ou siégé en tant que tel au Codir d’un ministère, c’était en 1998. Conséquence logique d’un positionnement qui politique qui éloigne le parti des instances de décision au niveau gouvernemental. Un état de chose qui ne peut plus continuer, selon les militants. Le premier acte concret du nouveau positionnement politique du PRD, c’est le ralliement en janvier 2016 à Lionel ZINSOU, le candidat du parti au pouvoir auquel le PRD s’est opposé de façon constante depuis 2006. Qu’importe les protestations et les jurons d’une opinion publique lasse du régime de YAYI et qui souhaitait une alternance véritable en 2016, le candidat du PRD sera le premier ministre sortant. Le parti n’hésitera pas à faire allégeance à Patrice TALON, l’adversaire de Lionel ZINSOU dès la nuit du second tour, avant même la publication des résultats provisoires. C’était l’acte 2 de la nouvelle stratégie du parti.
… qui ont ruiné le PRD
Sincère et dévoué dans le partenariat, le PRD a joué un rôle décisif dans la mise en place des réformes institutionnelles du président Patrice TALON. Pendant trois ans et demi, Me Adrien HOUNGBÉDJI qui assurait la présidence de l’Assemblée Nationale n’a jamais mis le moindre obstacle aux projets législatifs du nouveau régime qui ont concouru à installer le visage de son régime. Mais Patrice Talon n’a pas la rancune tenace. Il n’a rien oublié de l’humiliation que lui a fait subir le parti alors qu’il négociait âprement son ralliement à sa candidature. Des rumeurs tenaces, mais jamais étayées suggèrent que Me Adrien Houngbédji aurait personnellement tiré avantage du partenariat avec le président Talon, mais le parti lui-même ne réussira pas à placer le moindre de ses militants dans l’appareil gouvernemental de Patrice TALON. Le principal mobile du virement stratégique de septembre 2015 devra donc attendre. Pire, la réforme du système partisan que Me Adrien HOUNGBÉDJI a soutenue à bout de bras a eu pour conséquence la ruine des carrières politiques au sein du parti. Ses militants ont été virés de l’assemblée nationale où le parti régnait depuis 1991. Ils ont été chassés également de tous les conseils communaux qu’ils contrôlent depuis 2003 bien qu’ils y aient gagné les communales de 2020. Le PRD voulait tout gagner, il a tout perdu en 4 années et demi d’un partenariat toxique et vampirisant avec le pouvoir en place. Prendra-t-il le risque de disparaître définitivement en renouvelant sa confiance à Patrice Talon ? Il faut le faire…
Par Frantz Axel Messana










