Ainsi s’ouvre, la grand-messe des promesses. Depuis qu’il a inauguré une tournée nationale à travers 54 des 77 communes que compte le pays, le président des la République multiplie les déclarations extraordinaires eux promesses les plus incroyables, quasiment irréalisables, non pas du fait des moyens à y consacrer mais plutôt par un manque évident de volonté politique et d’engagement sincère. L’expérience la plus récente et la plus douloureuse remonte au mois de mars 2019 avec les prémices bien visibles d’élections législatives exclusives que le Chef de l’Etat avait juré de conjurer, la main sur le cœur. Talon affirmait urbi et orbi qu’il lui est inconcevable de supporter un scrutin sans la participation de l’opposition. A l’arrivée, le Bénin aura connu l’un des scrutins les plus cauchemardesques de son histoire politique, avec les stigmates qui peinent à s’effacer.

Une élection exclusive qui a accouché d’une crise profonde dont le pays a encore du mal à se remettre. Les nombreuses sonnettes d’alarmes tirées de part et d’autres, avant et après les législatives de 2019 invitant le pouvoir à opérer des choix conséquents et poser des actes susceptibles de conforter le consensus et cimenter la cohésion nationale n’auraient hélas pas rencontré l’assentiment du gouvernement et de son chef. C’est sur ce terreau sociopolitique crisogène que le chef de l’Etat, aux travers d’une « tournée présidentielle », arpente depuis les sillons d’un bénin meurtri, en bute à des lendemains incertains, pour semer aux quatre coins du terroir, des promesses aux contours parfois flous, et qui suscitent peu d’enthousiasme sincère. En tournée dans le pays, Talon promet désormais monts et merveilles : décrispation de la tension politique, ouverture du jeu politique dans la perspective de la présidentielle de 2021, et tutti et quanti. Tout y passe. Mais alors, entre mars 2019 et novembre 2020, qu’est-ce qui a pu positivement changer et peut objectivement donner des raisons de croire aux promesses du chef de l’Etat ? Là est toute la problématique d’une main tendue qui passe mal. « L’endormisseur » puissance 3, écrira le chroniqueur-web, Constant Sinzogan, qui estime que ce sera le « Jamais 2 sans 3 » d’autant que si les 2 premiers scrutins que Talon a organisés sont réputés exclusifs, ce n’est pas le 3ème le plus important et le plus intéressant pour sa propre personne et vital pour son fauteuil qui ne le serait pas.
Les réactions aux promesses du chef de l’Etat quant à la délivrance de récépissé au parti les « Démocrates » et à la participation des «grands parti» à l’élection présidentielle sont illustratives du grand malaise et de la crise que traverse tout le pays. Au lieu de susciter joie et enthousiasme au sein de la classe politique, c’est une profonde amertume qu’à exprimée Nourénou Atchadé, vice-président du parti « Les démocrates ».
En effet, pour l’ancien député béninois, cette déclaration du chef de l’Etat est une « bourde ». Elle traduit, selon l’ancien député, que Patrice Talon «est l’apha et l’oméga» et laisse transparaître que c’est lui qui décidé de la délivrance ou non du récépissé à une formation politique. Lisez à travers ces morceaux choisis, ce que valent les promesses de Patrice Talon, selon ses compatriotes.
L’endormisseur puissance 3…
Par Constant Sinzogan
En mars 2019 pour les législatives, jurant par tous les dieux qu’il ne pourrait pas supporter un scrutin sans la participation de l’opposition, il renvoya le règlement de la crise aux députés. Ceux-ci devraient trouver une solution pour des élections inclusives. Mais cette solution n’est jamais arrivée face à des manœuvres chronophages de la majorité, ce qui a amené Adrien Houngbédji, chargé de présider aux négociations, à jeter l’éponge.
En octobre 2019, fut organisé un simulacre de dialogue au terme duquel les gages d’un scrutin communal et municipal inclusif est donné après avoir infiltré et saboté la loyauté au sein des Fcbe auquel le récépissé est « généreusement » offert. Résultat, Boni Yayi s’exclut de son propre parti, le PRD et l’UDBN limeront leurs dents contre la disposition des 10% de suffrages au plan national. Élections encore une fois exclusives donc.
Il vient encore de faire la même profession sur sa volonté de voir les présidentielles de 2021 ouvertes à tous, sauf qu’il reviendra au final à ses députés de donner les parrainages nécessaires et cette fois-ci encore ils vont rester dans la mauvaise foi et le dilatoire en ne les donnant qu’au prorata de la volonté réelle et cachée de leur « Patron » de ne pas ouvrir la compétition.
Le but en réalité des gages d’ouverture du scrutin donnés par le Chef de l’État est d’endormir le peuple et l’opposition politique qui réclament des présidentielles inclusives. C’est juste pour les empêcher de s’organiser en conséquence contre l’exclusion qui se profile encore une nouvelle fois qu’il leur dresse le lit douillet de la promesse afin de les y faire endormir dans le long sommeil de la confiance, le réveil de la désillusion en sera douloureux et trop tard.
Jamais 2 sans 3 dit-on. Si les 2 premiers scrutins qu’il a organisés sont exclusifs, ce n’est pas le 3ème, le plus important et le plus intéressant pour sa propre personne et vital pour son fauteuil qui ne le serait pas. D’ailleurs, si les 2 premiers l’ont été, c’était dans l’unique perspective que le 3ème le soit. Il n’aura pas pris le risque de l’impopularité en fermant les scrutins moins cruciaux pour en ouvrir le plus crucial, ça tombe de sens et de raison.
Le Président Talon a fait depuis fort longtemps l’option d’une politique d’exclusion, ce n’est pas à l’apogée de sa feuille de route qu’il va rebrousser chemin. Cette volonté d’ouverture du scrutin présidentiel n’existe pas chez lui, par contre existe chez lui la volonté d’endormissement du peuple et de son opposition gage du déroulement à bonne exécution et à bonne date de sa feuille de route.
Récépissé aux »Démocrates »: Nourénou Atchadé »malheureux » après la promesse de Patrice Talon
L’engagement du président béninois relatif à la délivrance du récépissé de reconnaissance au parti »Les démocrates » semble ne pas réjouir. Notamment au sein de la formation politique d’opposition. A Nikki dans le cadre de sa tournée nationale, le président Patrice Talon a déclaré que le parti »Les démocrates » obtiendront leur récépissé, document de reconnaissance d’existence légale. « Les démocrates qui redoublent d’efforts depuis quelques jours auront leur récépissé », s’est engagé Patrice Talon.
Si cette promesse a valu au président de la République des ovations à Nikki, elle est loin de satisfaire au sein du parti de l’ancien président Boni Yayi. « Je vous jure, j’ai été malheureux », a indiqué Nourénou Atchadé, premier vice-président du parti sur l’émission 100% Bénin de la télévision privée Sikka Tv.
Pour l’ancien député béninois, cette déclaration du chef de l’Etat est une « bourde ». Elle traduit, selon l’ancien député, que Patrice Talon « est l’apha et l’oméga » et laisse transparaître que c’est lui qui décidé de la délivrance ou non du récépissé à une formation politique.
Nourénou Atchadé en déduit que le président béninois est responsable de l’absence des partis d’opposition aux législatives exclusives d’avril 2019. « Si on n’est pas allé aux élections législatives, c’est parce qu’il n’a pas voulu », a déclaré le vice-président du parti »Les démocrates ».
Réserves sur la présidentielle inclusive
Lors de sa tournée nationale, Patrice Talon a également promis que la présidentielle à 2021 verra la participation de «tout le monde». «Inch Allah, les FCBE iront aux élections. Les démocrates (…) iront aux élections présidentielles, s’ils le souhaitent», a déclaré le chef de l’Etat béninois. «Je prends avec de réserves la parole du chef de l’Etat quand il dit que les grandes formations politiques iront aux élections. Je prends avec beaucoup de réserves. Je n’y crois pas du tout », a confié Nourénou Atchadé.
« En mars 2019, le chef de l’Etat a tenu les mêmes propos, qu’il vous souvienne », a justifié Nourénou Atchadé. L’ancien député rappelle qu’à l’époque, le président béninois s’est dit triste que ce soit que deux formations politiques soutenant ses actions qui soient qualifiés pour le scrutin et demandé au chef du parlement d’alors de procéder à une modification de la loi à l’effet de la participation de tous avant de décider de la tenue des élections. Ceci, après l’absence de consensus des députés.
Nourénou Atchadé craint donc que la même chose se produise malgré l’engagement du président de la République. Dans la configuration actuelle du parlement et des mairies, l’opposition qui ne contrôle que six (06) mairies ne peut réunir le nombre de parrainage nécessaire pour présenter un candidat à la présidentielle 2021 sans le soutien des partis pro-Talon.
Yao Hervé Kingbêwé










