Dans une de ses chroniques postées sur sa page facebook, notre compatriote Constant Sinzogan s’est inspiré des dernières actualités en cours aux États-Unis, relativement au processus électoral pour en conclure que si le peuple américain vit en ces heures, la plénitude des exigences démocratiques, c’est la résultante de l’effectivité d’institutions impartiales, de bonne facture qui ont été mises en place et hissées au-dessus de la volonté et des desiderata d’un homme ou d’un groupe d’hommes. D’autres analystes sont intervenus à la suite du chroniqueur pour opiner sur la question.

Les leçons d’outre-Atlantique…
Que c’est beau ! Que c’est stimulant ! Que c’est agréable de suivre depuis nos positions lointaines le match électoral, démocratiquement serré, qui oppose Trump à Biden avec le bel effet d’ascenseur émotionnel que cela procure.
Et si ce mano a mano est rendu possible et nous offre ce spectacle haletant, stressant, et passionnant, c’est parce que depuis des siècles aux États-Unis, des institutions impartiales, de bonne facture ont été mises en place et hissées au-dessus de la volonté et des desiderata d’un homme ou d’un groupe d’hommes.
Si cela ne fût pas le cas, Donald Trump, fort de son caractère de chiffonnier, de sa volonté de s’affranchir des règles du jeu et des règles de bienséance, eut été déclaré vainqueur et Biden ainsi que ses 70 millions d’électeurs eussent été grugés.
Mais le système est là pour éviter cela, pour éviter qu’un homme seul et seul dans sa solitude impose sa volonté à celle du plus grand nombre.
C’est ce que nous voulons pour notre pays, cette impossibilité à un homme tout seul de s’imposer et imposer sa volonté à tout le monde en réorganisant les règles du jeu dans le sens de ses intérêts.
Si ce que nous trouvons beau et passionnant chez les autres nous n’encourageons pas sa reproduction chez nous, il y a dès lors un souci de cohérence à régler au plus vite.
Nous aimons bien Patrice Talon Président, mais nous préférons le système qui l’a fait Président car c’est ce système qui l’a protégé et hissé sur le strapontin duquel, malheureusement, il bousille tout l’édifice démocratique en construction depuis 30 ans.
Par Constant Sinzogan
La réaction de Charles Migan
« J’admire toujours la luminosité avec laquelle tu dépeins une situation pour qu’elle nous interpelle.
Pour autant, je conteste vigoureusement ta déduction sur la cause de la faiblesse de nos institutions.
Je dirai même que nos institutions ne sont pas la cause des hérésies de gouvernance qui frappent notre État. C’est la lâcheté des hommes représentant nos institutions qui est une plaie. C’est la démission des appelés au devoir de responsabilité qui est une atteinte à la sûreté de l’Etat.
Il y a toute la responsabilité du chef de l’Etat qui assumera toute sa part; mais il y a surtout cette complicité active ou passive des uns et des autres.
Que valent les institutions sans des hommes de valeur et de principe qui donnent corps et vie aux dites institutions. Cela restera juste des concepts creux.
Par exemple: Quand Adrien HOUNGBEDJI a eu à gérer les premiers assauts sur notre Constitution, était-ce notre Assemblée nationale qui avait des faiblesses où celui qui, avec ses pairs, a manqué de courage et d’engagement républicain?
Quand une pseudo conférence des Présidents d’institutions ont, dans une convergence de promiscuité, cautionné la tenue des législatives de mars 2019 dans les conditions qui sont connues; étaient-ce les institutions qui ont failli ou les hommes censés les représenter?
Nos institutions passeront toujours pour faibles sous la lâcheté et la compromission des hommes ».
La réaction d’Eric Agassounon
« Les Etats Unis avant d’arriver à ce niveau de solidification de leurs piliers démocratiques que sont les institutions fortes sont passées par des hauts et des bas, des difficultés, des crises qui ont permis progressivement de corriger des erreurs pour faire mieux.
Lorsqu’un seul individu s’accapare du pouvoir… et pour ses intérêts inavoué…, décide en complicité avec ses soumis (…) de détruire la démocratie et les libertés, faire mains basses sur toutes les ressources, les revenus et les richesses d’un pays pour des combines louches, c’est la vie de millions d’habitants qui sont saccagés car forcés au chômage, à la pauvreté et la misère ».










