Les témoins de la scène continuent de se poser mille et une questions. Tant ils ont du mal à croire à ce qu’ils ont pourtant vécu cette nuit du mercredi 19 au jeudi 20 février 2020. Ferdinand Combetti, diplomate de formation en fonction au ministère des affaires étrangères, attendait de diner dans un des coins de Natitingou quand il fut interpellé par des agents. Sans avoir exhibé le moindre document officiel prouvant qu’ils étaient en mission. Son périple finit à la brigade criminelle de Cotonou. On raconte que le voyage Nati-Cotonou ne fut pas des plus confortables pour le mis en cause. Que reproche-t-on exactement à ce membre du bureau politique de l’Union sociale libérale-USL- parti de Sébastien Germain Ajavon ?

Que le respect des droits de l’homme est devenu un concept vidé de son sens sous la rupture, c’est un fait. Que des arrestations arbitraires continuent de s’opérer, parfois au vu et au su de tout le monde comme si le Bénin est devenu une jungle où seuls les forts dictent leur loi et volonté aux autres- la grande majorité- voilà qui inquiète ceux qui se refusent encore à croire -avec raison- que le Bénin a basculé vers un Etat policier.

Hélas, l’incident survenu dans la nuit du mercredi 19 au jeudi 20 février 2020 ramène ces amis de la paix et de l’Etat de droit à la triste réalité. Dans les pratiques républicaines, l’interpellation de tout citoyen suppose nécessairement et obligatoirement qu’on lui signifie au moins le chef d’accusation qui lui vaut d’être écouté par les instances judiciaires. Mieux, jusqu’à preuve du contraire, le mis en cause est considéré comme un innocent, et à ce titre, traité avec tous les égards.

Ferdinand Combetti n’eut pas la chance de bénéficier de ces garanties pourtant élémentaires dans un Etat de droit. Selon les témoins de l’arrestation, alors même qu’il n’opposa aucune résistance aux « supposés » agents venir accomplir leur « sale boulot », le diplomate serait menotté, maltraité et conduit vers un véhicule , destination, Cotonou.

Victime de ses convictions politiques ?  

Ferdinand Combetti serait un membre actif et actant de l’USL du président d’honneur Sébastien Germain Ajavon. On dit de lui très solide dans ses convictions politiques. Ceci devrait-il expliquer cela ? Le diplomate de formation en poste au ministère des affaires étrangères ne bénéficierait nullement de la bienveillance de ses supérieurs hiérarchiques. De sources proches du ministère des affaires étrangères, Ferdinand Combétti aurait déjà reçu des demandes d’explications de la part de ses supérieurs hiérarchiques. Rien de grave, a priori. Mais lorsque lesdites demandes manqueraient de véritable fondement, il y a lieu de s’en émouvoir.

L’autre affaire Combetti ?  

Ferdinand Combetti, c’est bien le frère de Fidèle Combetti, crapuleusement tué dans un commissariat du pays, plus précisément à Manta, à Boucoumbé. Si certains de nos compatriotes ont déjà oublié cette ténébreuse et funeste affaire, d’autres s’en souviennent encore, comme si c’était hier. En effet, cette affaire avait ébranlé de hauts gradés de la police républicaine, mais qui n’ont pu donner leur point de vue d’icelle. Fidèle Combetti, citoyen connu de toute la localité pour sa bonne conduite, fut retrouvé mort dans un local du commissariat de Manta, ensanglanté.

Comment ce crime crapuleux a-t-il pu être commis, a fortiori dans un lieu où la sécurité des citoyens devrait être garantie ? Qui en étaient les instigateurs ou auteurs ? Ce drame est intervenu à Boucoumbé le 8 septembre 2019. Cinq mois après, silence radio. Pourtant, Ferdinand Combetti aurait confié avoir déposé au moins trois plaintes au tribunal de première instance de Natitingou. Ceui-ci a-t-il au moins ouvert une procédure judiciaire à effet d’élucider cette affaire digne de la mafia sicilienne ?

Il se murmure que Fedinand Combetti aurait juré découvrir les auteurs de l’assassinat de son frère. En sait-il déjà trop sur cette ténébreuse affaire restée jusqu’ici mystérieuse ? Tant il est vrai que Ferdinand Combetti reste et demeure le seul vrai témoin à pouvoir raconter plus ou moins exactement les conditions dans lesquelles son frère, Fidèle Combetti, fut assassiné-il n’y a pas un autre mot pour nommer le crime-. A l’époque, se plaignait-il, la mort dans l’âme, Fidèle Combetti « a connu une mort tragique ». Il parla d’un « assassinat à l’intérieur du commissariat et dans la chambre des policiers ». (Commissariat de Manta, ndlr). Et ce n’est pas tout. Ferdinand Combetti aurait eu vent de certains autres développements postérieurs surprenants d’une « scène crapuleuse ». Avouons-le, Ferdinand Combetti serait devenu un témoin trop gênant si les faits susmentionnés se vérifiaient. De là à lui infliger le traitement observé, c’est l’image de la police républicaine, et partant, de tout le pays qui s’en trouve écorchée.

Le directeur général de la police républicaine, Soumaïla Yaya se doit de discipliner sa troupe, surtout au moment où le Bénin se prépare à vivre de nouvelles élections, municipales soient-elles. La brutalité de certains éléments de la police républicaine commence par prendre une récurrence inquiétante.

Et à propos de l’arrestation musclée de Ferdinand Combetti, son parti politique,  l’USL  vient de réagir à travers un communiqué. (Voir encadré)

Manu Folashadé   

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