Plus les jours passent, plus le phénomène s’accentue. Se faire délivrer la carte nationale d’identité relève aujourd’hui d’un chemin de croix que seuls ceux qui ont compris le « circuit » réussissent à accomplir. Après avoir rempli toutes les formalités requises-et ce n’est pas une sinécure- le requérant devra se soumettre aux caprices de supposés aléas brandis par les fonctionnaires aux fins de prouver leur bonne foi dans l’accomplissement de leur devoir. A l’arrivée, c’est le requérant qui en sort « groggy »avec cette niche de corruption.

On le savait. Mais la situation prend une proportion alarmante. Se faire délivrer la carte nationale d’identité de nos jours relève carrément d’un parcours de combattant. Pour obtenir le précieux document, il faut s’armer véritablement de patience. A moins de recourir à la « procédure spéciale ». La spéciale démarche ne parait pas si compliquée, encore moins si confidentielle. Elle semble, au contraire, bien connue de certains de nos compatriotes. Elle consiste juste à « déposer une pierre » sur votre dossier jugé recevable par l’agent. La valeur de la « pierre » varie d’un département à un autre, d’une mairie à une autre. Il faut déposer au minimum sur votre dossier validé, la somme de 5000 f cfa. Trois jours après, vous pouvez tranquillement aller récupérer votre carte nationale d’identité. Mais si vous avez vraiment envie de vous éviter la corvée, il faut accompagner votre dossier validé de 10 000fcfa. Le dossier déposé le matin, vous êtes certain de retirer le précieux document dans l’après-midi.

Officiellement, le délai de délivrance de la carte nationale d’identité est de quinze jours après le dépôt. Si en votre qualité d’honnête citoyen, vous décidez de vous conformer aux prescriptions autorisées et admises, il va falloir ajouter à votre titre de bon citoyen, une bonne dose de patience. En effet, sauf quelques rares cas, il parait quasiment impossible de retrouver votre carte nationale d’identité dans le délai des quinze jours fixé. L’agent en charge de votre dossier vous accueille avec grand sourire avant de vous servir son refrain : « Ce n’est pas prêt. Revenez dans une semaine ». Si, respectueux de l’administration, vous acceptez l’excuse en revenant conformément   au rendez- vous à vous donné, avec le même sourire, l’agent vous reçoit : « Désolé, ce n’est toujours pas prêt. Nous connaissons une rupture de tel ou de tel autre matériel » entrant dans la confection du document.  Si ce n’est la rupture de récépissés pour valider le dossier, c’est le matériel de plastification qui fait défaut, ou quelque autre élément manquant. Le scénario peut durer un mois, voire plus. Sans que jamais votre document soit disponible.

Malheur aux candidats au Bac                  

Dans la situation actuelle liée à l’établissement de la carte nationale d’identité, les candidats inscrits au Bac cette année sont les plus à plaindre. En effet, la photocopie légalisée de la carte nationale d’identité reste l’une des pièces fondamentales constitutives du dossier à l’inscription du Bac. Aussi, nombreux sont-ils à courir derrière la fameuse pièce. Tant il est vrai qu’aucun chef d’établissement n’accepterait de réceptionner un dossier d’inscription au Bac sans la photocopie légalisée de la carte nationale d’identité en cours de validité.

Certes, interrogé l’autre jour par nos confrères de la radio nationale à propos des difficultés rencontrées par les candidats à établir la carte nationale d’identité, le directeur de l’Office du Bac, le pragmatique Alphonse da Silva, a donné l’impression de banaliser la difficulté. Le Dob a laissé croire que le problème ne saurait constituer un obstacle infranchissable. Inch Allah.  La clôture des inscriptions au Bac, sauf changement de dernière heure, est fixée au 31 janvier. A cette date, il est quasiment impossible de satisfaire tous les candidats dans le besoin. Le cas échéant, que fera l’office du Bac ?Dire que le chef de l’Etat a fait de la lutte contre la corruption une de ses priorités…

Il convient de signaler que  la carte nationale d’identité (CNI) est la carte d’identité des citoyens du Bénin. C’est un document officiel d’identification qui permet à tout citoyen de justifier de son identité et, dès lors qu’il est en cours de validité, de sa nationalité béninoise. Elle est obligatoire pour toute personne de nationalité béninoise âgée de 18 ans au moins et les enfants de moins de 18 ans sous une autorisation parentale légalisée. C’est un service payant qui se délivre généralement dans les préfectures, les mairies, les arrondissements ou dans les consulats pour les citoyens béninois résidant hors Bénin. La validité de la carte nationale d’identité est de cinq (5) ans.

… A propos, voici le cri de cœur d’un citoyen victime des tracasseries relatives à l’établissement de la carte nationale d’identité.

Par Boris Ahoudjèzo

Encadré 1

« Qu’est-ce qui se passe à la préfecture? 

Est-ce à dire que les vieux démons de la corruption se sont réveillés à la préfecture?

Monsieur le président de la République, les agents de la préfecture sont entrain de salir vos actions et surtout votre lutte implacable contre la corruption.

Je dis, tu déposes une demande d’établissement de la carte d’identité. On te dit de revenir deux semaines après. Tu viens, on te dit ce n’est pas encore prêt ta carte. Tu reviens deux semaines encore plus tard ,c’est à dire un mois après le dépôt, on te dit encore que ce n’est pas encore prêt. Mais ce qui fait mal, c’est que des gens avec qui tu as déposé la demande le même jour te confirment qu’ils ont reçu la leur trois jours après.

Ta faute à toi, c’est d’avoir refusé de corrompre. 

Ta faute à toi, c’est de rester sur la même lancée que le chef de l’État : éviter et lutter contre la corruption.

Une demande d’établissement de la carte d’identité déposée depuis le 23 décembre 2019, et jusqu’à présent on dit que ce n’est pas encore prêt. Au même moment, des gens avec qui tu as déposé la demande le même jour ont déjà reçu leur carte d’identité.

Pourquoi cette injustice ? 

Monsieur le président de la République, je vous prie humblement de jeter un œil sur ce qui se passe encore à la préfecture. 

Mr le préfet, vos agents sabotent les actions du gouvernement » .

Encadré 2

Défaut de matériels d’établissement de cartes d’identité dans les préfectures

Certains candidats au baccalauréat risquent d’avoir leurs résultats avant même l’examen

Le Président Patrice Talon est vivement invité à réagir avant que le pire n’arrive). En raison de l’indisponibilité de matériel permettant d’établir les cartes d’identité dans les préfectures du Bénin, et ceci à quelques jours de la date limite du dépôt des dossiers pour le baccalauréat session de juin 2020, certains candidats sont encore en attente de leur carte d’identité sans quoi, ils ne peuvent pas déposer leur dossier.

Les candidats à l’examen du baccalauréat de 2020 ne dorment plus alors qu’ils ne sont peut-être pas encore au bout de leur peine ! Mais pourquoi ? Il n’y a pas de matériels pouvant servir à l’établissement de la carte nationale d’identité dans les préfectures du Bénin alors que la photocopie légalisée de cette carte fait partie intégrante du dossier qu’attend la Direction de l’Office du Baccalauréat de ces candidats pourtant décidés et dévoués. Certains d’entre eux qui traînent les pas dans l’enceinte de la préfecture de Porto-Novo ont déposé leur dossier pour l’établissement de la carte d’identité depuis près de trois semaines, mais sans avoir gain de cause.

Du côté de l’administration préfectorale, il n’y a pas de garantie à donner à ces jeunes partagés entre le sort, la malchance ou l’improvisation, car personne n’arrive à prédire avec exactitude le prochain arrivage de ces matériels devenus si rares pour la première fois au Bénin.

Cependant, ces candidats au baccalauréat bien qu’étant désespérés espèrent encore, car avant qu’ils ne soient atteints par le mal, ce sont d’abord les aspirants au concours d’entrée à la Police Républicaine et les prétendants au militaro-concours qui serviront de cobaye de prime abord si la situation ne change pas jusqu’au vendredi prochain.

Le Président Patrice Talon est donc vivement invité à réagir soit en autorisant l’utilisation des cartes Lepi, ou les récépissés délivrés par la préfecture aux demandeurs de la carte nationale d’identité ; seul gage pour lui pour ne pas être le bouc-émissaire de ceux qui n’arriveront peut-être pas à tirer leur épingle du jeu même s’ils composaient.

Par Pascal Sègbégnon MITOWADE

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