Il n’y a pas si longtemps encore, les Béninois, quelle que soit leur obédience politique, avaient applaudi des pieds et des mains les forces de sécurité qui avaient réussi à mettre en déroute les hors la loi, lesquels semaient terreur et horreur sur toute l’étendue du territoire national du pays. Cette époque semble déjà bien si lointaine. En effet, l’insécurité retrouve ses lettres de noblesse depuis quelques jours, aussi bien à Cotonou que dans les autres localités où il ne se passa plus quasiment de jours où l’on ne déplore des cas d’actes crapuleux ou même de disparition mystérieuse.

La nouvelle
fait grand bruit depuis quelques jours à travers tout le pays.
Parti de son domicile le vendredi 20 septembre 2019, Carlos
Adohouannon, le régisseur de la Direction Générale des Impôts (Dgi) serait
introuvable avec sa voiture de série AX 5631. Selon des sources bien crédibles,
Carlos Adohouannon, actuellement régisseur de la Dgi devrait en principe se
rendre en mission à Ouidah. Mais depuis cette fameuse date, il serait
porté disparu. Aucun signe de vie, aucun contact avec sa famille, ses collègues
et ses proches pour signaler sa position. Toutes les tentatives pour le repérer
seraient demeurées vaines. L’inquiétude gagne les cœurs. Même si d’aucuns
estiment qu’il est un peu tôt pour conclure à un enlèvement, un kidnapping ou
encore un rapt, les autorités devraient pouvoir faire diligence pour qu’on
retrouve ce citoyen et cadre de l’administration des impôts.
L’épisode de la mystérieuse disparition du cadre de la direction générale des impôts – si cette éventualité se confirmait- vient élargir la liste noire des actes de banditisme, de crimes de sang, de vindicte populaire et on en oublie. Les divorcés sociaux, visiblement, se rappellent aux bons souvenirs des populations, désabusées et impuissantes face aux actes ignobles des hors la loi. Aussi bien dans les villes que dans le Bénin profond, les malfrats ont repris d’activités. Comme si la police républicaine avait jeté l’ancre, elle, chargée d’assurer la sécurité des personnes et des biens.
La dernière fois, c’est à une vindicte populaire en plein dans un commissariat de police qu’on a assistée, précisément à Manta, commune de Boukoumbé. Rappel des faits. Des élus locaux conduisent un homme dans un commissariat de la commune. Celui-ci serait en train de roder autour d’une maison, avec un pistolet artisanal. Fidèle Combetti-ainsi répondait l’infortuné- père de 15 enfants, selon des sources proches du lieu du drame,
est confié aux forces de l’ordre. Il est mis en garde à vue.
Dans la nuit profonde, des individus débarquent, assiègent le commissariat et réclament le supposé rodeur. Les deux agents en poste ne purent rien pour éviter le pire. Fidèle Combetti sera charcuté, tué et abandonné dans son sang. L’insolite continue de défrayer la chronique. Aussi bien à Boukoumbé que dans tout le pays, puisque le drame est balancé sur les réseaux sociaux.
Des scènes du genre deviennent fréquentes depuis quelques semaines dans certaines des villes et communes du pays. Que diantre font les agents de la police républicaine ? Grande interrogation devenue inquiétude générale. En effet, on ne les sent plus, les agents de la police républicaine dont on disait grand bien il n’y a pas si longtemps. Les rondes nocturnes, autrefois fréquentes et régulières ont disparu. Il devient de plus en plus rare de croiser les flics flanqués dans leur 4×4, sillonnant coins et recoins de nos villes et campagnes la nuit. Du coup, les bandits de grand chemin ont repris boulot. Arrachant motos ici, braquant automobilistes là-bas. Passe encore si ces vils individus se contentaient de dépouiller seulement leurs victimes de leurs biens. Mais non, ces divorcés n’éprouvent parfois aucune gêne à ôter la vie à leurs proies.
Face à l’impuissance apparente des forces de l’ordre, certains citoyens se sont résolus à se défendre eux même. Et une telle résolution ne saurait profiter à personne. Car la vindicte populaire constitue, elle aussi, un fléau tout aussi dangereux à combattre au même titre que les actes ignobles commis par les criminels.
Revenant au cas du régisseur de la direction générale des impôts, miraculeusement disparu, il est à souhaiter que les forces de l’ordre rivalisent d’ardeur pour le retrouver. Sinon, c’est toute l’image de la police républicaine, et partant, du gouvernement qui s’en trouvera ternie. C’est donc un challenge personnel pour le nouveau directeur général de la police républicaine, Soumaïla Allabi Yaya, de retrouver les traces du cadre du ministère de l’économie et des finances s’il tient à mériter la confiance en lui placée par le chef de l’Etat qui a fait de lui le successeur de Nazaire Hounnonkpè. « La réforme des forces de sécurité intérieure béninoises doit entraîner une révision générale de leur mode d’action et un changement de comportements », a-t-on promis au peuple béninois, tout en ajoutant que « le but de l’initiative est de réduire la criminalité, juguler les crises intérieures… afin de créer un environnement propice au développement ».On en est loin avec les récents événements d’insécurité notoire.
Folashadé Manu










