
Projet ARCH – Assurance pour le renforcement du capital humain- Considéré, à tort ou à raison, comme un des volets sociaux phares du programme d’actions du gouvernement – Pag – et lancé à grand renfort de publicité, le projet ARCH reste pourtant loin de combler tous les espoirs en lui placés. Recrutés par centaines pour conduire les enquêtes indispensables à la mise en œuvre du projet, les agents exécutants attendent toujours d’entrer entièrement en possession de leurs dûs. Comment peut-on expliquer une telle déconvenue alors que le projet est soutenu par la Banque mondiale et d’autres nombreux partenaires financiers ?
Ils sont jeunes. Forcément en chômage dans le temps. Nantis de gros diplômes-Master, Licence, Bac pour les moins capés. Ils ont répondu à l’avis AMI N°017/PPM 018/MDGL/SGM/PRMP/ACCESS/SPM du 25/07/2018. Avis à l’aune duquel il est procédé au recrutement de près de 1720 enquêteurs et 430 contrôleurs pour le compte du projet Assurance pour le Renforcement du Capital Humain (ARCH).
Les résultats de l’évaluation des manifestations d’intérêt relatives au recrutement des enquêteurs et contrôleurs au profit du projet ARCH ont été rendus publics le lundi 30 octobre 2018. Les agents alors recrutées et mis à la disposition de l’Institut national de statistiques et d’analyse économique (Insae), ont suivi une formation à l’issue de laquelle ils ont été déployés sur le terrain pour réaliser des enquêtes. La finalité desdites enquêtes est la collecte d’informations relatives aux conditions sociales des ménages pré-identifiés par les communautés.
En effet, dans l’exercice de leurs fonctions, les enquêteurs avaient pour mission, de façon spécifique, de rechercher les ménages pré-identifiés et de collecter auprès de ceux-ci, des informations sur leurs caractéristiques socio-économiques sur la base du PMT (Proxy Means Test). Ainsi, les enquêteurs ont été amenés à collecter des informations sur les chefs de ménage identifié et de les photographier, de même que leurs ayants droits dans un format approprié. Dans la même veine, ces agents recrutés au profit de l’INSAE en charge de la formation et de la mise en œuvre de l’enquête, ont eu également à contrôler la qualité des données enregistrées auprès de chaque ménage avant de passer au ménage suivant ».
En fait, un véritable travail ; tout, sauf une sinécure. Les agents ont dû faire montre de grande perspicacité, de grande lucidité, de grande intelligence pour accomplir leur mission au mieux des intérêts de leur employeur, l’Etat. Trois phases ont marqué le travail des enquêteurs. Une première phase de collecte qui a démarré le 08 juillet 2019. Elle dura un mois. Une deuxième phase de collecte démarrée en mars 2019 qui s’est étendue sur 5 mois. Et la troisième phase qui a démarré en juillet dernier.
Non payés
En principe, à la fin de chaque phase, les agents enquêteurs recrutés, et qui ont effectivement rempli leur part du contrat, devraient percevoir, chacun, un montant de 105000 fcfa. Curieusement et contre toute attente, rien ne leur a été versé jusque-là. Or, inutile de dire que ces travailleurs circonstanciels avaient certainement nourri de grands projets sur ce gain. Depuis, ils attendent un geste du gouvernement de la rupture pour entrer en possession de leur dû. En vain.
Une telle situation s’explique difficilement en ce que le projet ARCH, inscrit au titre des nombreux projets retenus dans le programme d’actions du gouvernement, serait financé par la Banque mondiale, accompagnée de nombreux autres bailleurs de fonds. D’ailleurs, à l’occasion du lancement pompeux et fastueux du projet ARCH, il avait été abondamment servi au public que le financement dudit projet aurait été totalement bouclé. Et le contraire aurait été étonnant, avec autant de publicité sur ce projet, du reste brandi par certains thuriféraires du pouvoir de la rupture comme la merveille du siècle. Si le financement du projet avait été bouclé, comment faut-il alors justifier le non-paiement des prestations de ces centaines d’agents recrutés pour les enquêtes indispensables au démarrage du projet ? Depuis plus de 8 mois, des agents recrutés, ayant accompli leur mission, attendent leur gain. L’attente devient on ne peut plus insoutenable et rien ne saurait expliquer le retard observé par rapport à ce paiement-si tant est que c’est un retard.
Faut-il le rappeler, le projet Arch, initié par le gouvernement de la rupture, évidemment sous la férule de Patrice Talon, vise, selon le gouvernement, à « accroître la capacité et l’accès aux services sociaux de base ainsi qu’aux opportunités économiques de façon durable et équitable aux Béninois, notamment les plus démunis. C’est un ensemble de quatre volets à savoir Assurance Maladie, formation, Micro-crédit et Assurance retraite. ».1720 enquêteurs et 430 contrôleurs ont été recrutés pour conduire les enquêtes indispensables à la mise en œuvre du projet. De lourds impayés handicapent ces nombreuses personnes de terrain qui ont permis d’alimenter les bases de données de l’arch. Excédées, ces personnes réclament dû.
Esmer Kakpo.










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