C’est sur le pont de Porto-Novo à la sortie de la ville que le véhicule transportant à son bord, les candidats à l’élection présidentielle, Joël Aïvo, Moise Kérékou, et Reckya Madougou a été intercepté. Selon le récit du professeur Aïvo. «Notre voiture a été bloquée par les forces de l’ordre. L’Ambassadeur Kérékou et moi-même ainsi que le conducteur avons été débarqués de force par ce détachement fortement militarisé. Quatre (4) agents des forces de l’ordre se sont emparés de notre voiture avec Mme la Ministre Madougou, maintenue de force à bord et emportée…».
Selon nos recoupements, c’est au retour de la conférence de presse organisée à Porto-Novo par le Front de l’opposition dans l’après-midi du mercredi 03 mars que l’égérie a été arrêtée et conduite manu militari à la Brigade criminelle.
Qu’il nous souvienne que suite à la conférence de presse des députés Gbadamassi et Mama Sanni le 18 février 2021, madame Reckya Madougou est immédiatement monté au créneau pour répliquer et rétablir sa part de vérité et exprimer ses craintes de se voir priver de liberté. Elle dira en substance ceci : «Il nous revient de sources concordantes que le pouvoir en place chercherait des alibis montés de toutes pièces pour m’interpeller à la CRIET en insinuant que de part mes relations au plan international je serais entrain d’inciter à un soulèvement populaire. Je tiens à souligner que notre combat, nous le mènerons par les urnes et conformément aux règles démocratiques. Nous connaissons nos droits. Il ne sert donc à rien d’user de ces viles pratiques espérant ainsi nous intimider. Ces députés en question savent bien ce qu’ils sont venus me dire au sujet du président sortant et du régime auquel ils appartiennent pourtant. C’est eux qui sont venus chez moi pas l’inverse».
Le pouvoir se serait retrouvé pris de court par sa candidature, à écouter l’ancienne ministre du gouvernement Boni Yayi. « Tout le monde aura donc constaté que ma candidature dérange ceux qui ont pris notre pays en otage et elle déstabilise les plans ourdis pour soumettre tout le monde. Avec mes avocats, je porterai immédiatement plainte contre les auteurs de ces grotesques insinuations. En tout état de cause, ma famille politique, celle biologique, le peuple béninois et la communauté internationale tiendront responsable le pouvoir en place pour toute tentative visant à me priver de mes libertés et de l’intégrité physique de ma personne», avertissait la candidate recalée du parti politique « Les Démocrates ».
Deux semaines après, Reckya Madougou qui prophétisait son arrestation a été interpellée à Porto-Novo, dans les conditions décrites par le prof Joël Aïvo, qui invite ses compatriotes à ne pas céder à la peur. Lire son message.
N’ayez pas peur !!!
Par Joël Aïvo
«J’ai partagé ce mercredi 3 mars 2021 la tribune d’un meeting de l’opposition béninoise avec ma sœur Mme Reckya Madougou, candidate du Parti Les Démocrates, à l’élection présidentielle de 2021.
Alors que nous clôturions ce meeting aux environs de 19h, en présence de plusieurs personnalités de l’opposition, la salle des fêtes Tiwani de Porto-Novo a été encerclée par un fort détachement des forces de l’ordre. Nous sommes néanmoins sortis et avons rejoint nos voitures pour rentrer chez nous.
Je suis reparti ensemble dans la même voiture que l’Ambassadeur Moïse Kérékou et la Ministre Reckya Madougou. C’est alors que, sur le pont de Porto-Novo, notre voiture a été bloquée par les forces de l’ordre. L’Ambassadeur Kérékou et moi-même ainsi que le conducteur avons été débarqués de force par ce détachement fortement militarisé.
Quatre (4) agents des forces de l’ordre se sont emparés de notre voiture avec Mme la Ministre Madougou, maintenue de force à bord et emportée vers une destination inconnue.
Elle a évidemment tout mon soutien et celui de tout le Front. Comme convenu publiquement cet après-midi à Porto-Novo devant nos militants, il s’agit d’un combat pacifique mais résolu devant lequel nous ne reculerons pas quels que soient les intimidations, les obstacles et les brimades».
Frédéric Joël Aïvo.










