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Tout a commencé au mois de Mai 2019, quand la Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, Marie-Odile Attanasso, par une lettre circulaire référencée N°1541/MESRS/DC/SGM/DAF/SRHDS/DGCPER du 29 Avril 2019 remettait en cause les dispositions du décret 2016-244 du 4 avril 2016. Cet acte va engendrer une confusion et un imbroglio rendant quasi impossible, le reclassement des enseignants des UNB après l’obtention des grades au Conseil Africain et Malgache pour l’enseignement Supérieur (CAMES). On en était encore là lorsqu’une autre lettre circulaire, portant le N°1408 en date du 10 juillet 2020 signée par la Ministre Eléonore Yayi Ladékan est venue davantage renforcer l’imbroglio administratif et fait le lit à une gestion hasardeuse des ressources humaines au Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique (MESRS). Deux notes circulaires qui viennent en violation d’un décret, et précarisant du coup, la carrière des enseignants!

Les enseignants des Universités Nationales du Bénin (UNB), réunis au sein de leur Intersyndicale, s’insurgent contre deux textes pris au Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique (MESRS) et qui précarisent leur carrière.
Le décret 2016-244 du 4 avril 2016 portant conditions de bénéfice de la promotion professionnelle des enseignants des UNB dans les différents corps par leurs statuts particuliers, précise en ses articles 2, 3 et 4, l’essentiel des conditions à appliquer en matière de reclassement des enseignants du supérieur au Bénin. Mais en 2019, le Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, Marie-Odile Attanasso, à travers une lettre circulaire N°1541/MESRS/DC/SGM/DAF/SRHDS/DGCPER du 29 Avril 2019, remet en cause les dispositions du décret 2016-244 du 4 avril 2016, créant ainsi une confusion et un imbroglio rendant quasi impossible, le reclassement des enseignants des UNB après l’obtention des grades au Conseil Africain et Malgache pour l’enseignement Supérieur (CAMES). Ces dispositions querellées ont été une fois de plus confirmées, dans une nouvelle circulaire, N°1408 du 10 juillet 2020 signée par le Ministre Eléonore Yayi Ladékan.
L’intersyndicale des enseignants des Universités Nationales du Bénin, relève à travers ces différentes interventions, que la prise de notes circulaires et d’arrêtés pour remettre en cause les dispositions d’un décret, acte réglementaire de valeur supérieure, relève de l’amateurisme et d’une volonté acharnée de nuire à la corporation des enseignants -chercheurs au Bénin.
Les questions que l’on est en droit de se poser devant cet imbroglio administratif sont les
suivantes :
Est-il possible que des notes circulaires soient prises en méconnaissance totale des dispositions d’un décret? Une telle méconnaissance est-elle acceptable lorsque l’on sait que les cadres du MESRS sont les enseignants des UNB?
Quel est l’objectif visé par les dispositions de ces circulaires dans un contexte de pénurie d’enseignants dans les UNB et dans un environnement aussi concurrentiel que l’enseignement supérieur?
Il reste à souhaiter que les acteurs de l’enseignement supérieur trouvent un terrain d’entente sur ces points de désaccord dans un climat apaisé de dialogue et de confiance réciproque pour le bonheur de nos universités.
Appel à la mobilisation des enseignants de tout grade en soutien aux lauréats CAMES sessions 2019 et 2020:
Intersyndicale des Enseignants des Universités nationales du Bénin

Appel à la mobilisation des enseignants de tout grade en soutien aux lauréats cament sessions 2019 et 2020 : le temps de l’action décisive
Le présent message de la Coordination de l’Intersyndicale (CIS), spécialement consacré à la situation des lauréats inscrits en 2019 et à ceux en passe de l’être en 2020 sur les différentes listes d’aptitude du CAMES, vient sonner l’alerte et signifier à ceux-ci la mission salvatrice qui est la leur dans le combat de notre corporation pour la défense des droits acquis. En effet, la CIS est persuadée que nous avons le droit, la capacité et l’obligation de nous engager activement pour sécuriser la carrière des enseignants et assurer la promotion des universités publiques face aux mesures controversées dont est coutumier le Cabinet du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique (MESRS).
I/ L’imbroglio administratif et la gestion hasardeuse des ressources humaines
Enseignantes et enseignants des Universités nationales du Bénin, Chers collègues récipiendaires des sessions 2019 et 2020 du CAMES,
Par la signature, de gré ou de force, de la Circulaire N° 1408/MESRS/DC/ SGM/SRHDS/DGCPER/SA du 10/07/2020 portant ouverture de postes au concours d’agrégation et des candidatures soumises aux Comités techniques spécialisés du CAMES, le Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique (MESRS), madame Eléonore YAYI LADEKAN, s’inscrit parfaitement dans la droite ligne de son prédécesseur. Ce faisant, elle vient de dégainer le poignard pour briser votre carrière suite à votre promotion à
l’internationale et saborder l’institution universitaire. Cette décision intervient après 10 mois de manœuvres dilatoires avec la Coordination de l’Intersyndicale sur les revendications prioritaires soumises à son autorité parmi lesquelles l’annulation de la circulaire N° 1541- b/MESRS/DC/SGM/SRHDS/DGCPER/SA du 29 avril 2019 portant le même objet que la nouvelle circulaire.
Comme vous le savez, chers collègues, de 2016 à 2020, les deux vagues de recrutements de 100 enseignants, lancées par le gouvernement n’ont abouti qu’au recrutement effectif de 170 assistants, la différence (30 postes à pourvoir) se faisant toujours attendre. Au même moment, les départs à la retraite s’élèvent à 160 enseignants (chiffre comparable aux recrutements), tandis que le flux des étudiants n’a cessé de croître. Un tel bilan en quatre (4) ans se passe de commentaire au regard des prévisions du programme d’action du gouvernement (PAG) portant sur 1530 enseignants à recruter en cinq (5) ans. Et c’est dans ces conditions que le MESRS tente désespérément d’imposer, par des actes dénués de tout fondement juridique, le blocage de la promotion des collègues inscrits sur les listes d’aptitude du CAMES, au risque de priver les universités des prestations liées à la compétence de ceux-ci. Ainsi, des circulaires et arrêtés sont pris à l’emporte-pièce pour vider de sa substance le décret N° 024 du 15 février 2010 portant statuts particuliers des corps des personnels enseignants des Universités nationales du Bénin.
Cher(e)s collègues,
Seriez-vous prêts à vous laisser abattre, à vous laisser immoler comme des victimes passives ou consentantes sur l’autel de l’incompétence, de l’imposture ?
La réponse logique, c’est forcément Non ! À moins qu’on ait une garantie quelconque de pouvoir « tirer son épingle du jeu », advienne que pourra des
« canards boiteux » et du devenir des universités et des étudiants. En effet, une application de cette circulaire fera toujours des victimes injustifiées dans le rang des lauréats. A titre d’exemple, les données de l’UAC pour la session 2019 sont très illustratives : pour 163 lauréats, 66 postes ouverts, soit 97 lauréats abandonnés sur les carreaux (pratiquement 140% du nombre de postes ouverts). Quel gâchis de ressources qualifiées pour nos universités, au
moment même où celles-ci sont confrontées à une pénurie évidente d’enseignants de tout grade, et ceci dans un contexte de concurrence internationale ! Il en sera de même pour 2020 et les années suivantes. Des enseignants méritants, malmenés par des actes administratifs incongrus pris par leurs propres collègues haut perchés dans la hiérarchie du MESRS : une réalité qui dépasse l’entendement, et qui interpelle plus d’un !
II/ Les Lauréats CAMES des sessions 2019 et 2020 sur la ligne d’attaque
Cher(e)s collègues lauréats des sessions 2019 et 2020,
N’est pas récipiendaire du CAMES qui le veut ! L’Intersyndicale se félicite de votre inscription sur les listes d’aptitude et de votre promotion dans les différents grades de l’institution régionale. Une telle compétence avérée implique des responsabilités auxquelles vous ne sauriez déroger. Notamment dans les circonstances actuelles où notre carrière fait l’objet d’agressions injustifiées, et l’institution universitaire, menacée de déstabilisation. Mais le défi n’est pas insurmontable.
Comme des soldats au front, vous avez le droit, le pouvoir et le devoir d’agir, pour désarmer, voire neutraliser nos bourreaux, d’où qu’ils proviennent, dans l’intérêt bien compris de notre corporation et de nos universités.
Comment y parvenir ? La coordination de l’Intersyndicale, en appelant à votre engagement individuel et collectif sans faille, explore ici avec vous des pistes qui sont d’ailleurs loin d’être exhaustives, à savoir :
1) refuser tout compromis sur les circulaires en cause. En effet, une circulaire, au plan administratif, a vocation à passer une information, et pas plus ; à ce titre, elle ne peut aucunement fonder des normes comme s’évertue maladroitement à le faire le Cabinet du MESRS. C’est donc dire que ces circulaires qui s’en prennent aux dispositions de nos statuts ont été prises par les ministres en méconnaissance ou en faisant délibérément fi de cette règle élémentaire de la hiérarchie des normes. En conséquence, elles n’ont qu’une valeur juridique accessoire (ou résiduelle) voire aucune et ne méritent pas la moindre considération.
2) rejeter tout arrêté qui prendrait le contrepied d’un décret comme celui que le MESRS est en passe de signer pour mettre en application les injonctions de ses circulaires. Et cela, au mépris de vos observations pertinentes relayées par l’Intersyndicale sur les incongruités contenues dans le projet d’arrêté (Cf. CR observations sur le projet d’arrêté). Là aussi, il s’agit d’une preuve patente de l’ignorance de la hiérarchie des normes et d’incompétence du Cabinet du MESRS ou de son acharnement contre notre corporation.
3) Vous abstenir de soumettre le moindre dossier à une administration quelle qu’elle soit, dans le cadre de l’application d’un arrêté induit par ces circulaires en vue d’un prétendu recrutement dans votre grade acquis au CAMES.
En appliquant ces consignes :
- vous aurez privé de grain le moulin de votre bourreau, qui s’arrêtera ou qui explosera en tournant à vide ;
- vous aurez résolument opté pour votre reclassement pur et simple, conformément au décret N° 024 du 15 février 2010 portant statuts particuliers des corps des personnels enseignants des Universités nationales du Bénin.
Par ailleurs, il est compréhensible que les collègues incarnant une autorité académique, tenus dans des liens administratifs, soient dans l’obligation de répercuter les instructions reçues de leur hiérarchie (Cabinet MESRS). Mais la décision de soumettre un dossier ou une demande de « recrutement ou reclassement » à une administration dépend de chacun et de lui seul. C’est un acte individuel, souverain, totalement libre. Ceci est valable pour tout collègue administratif vis-à-vis de son propre dossier pour lequel il n’a de compte à rendre à personne, sinon à sa conscience. Bref, de vos décisions individuelles dépend le devenir de toute la communauté que nous constituons.
Au total, faire acte de candidature dans les conditions actuelles échafaudées par le MESRS serait suicidaire, en ce sens que cela revient sans ambages à :
a) cautionner l’irrégularité, les attaques et agressions frontales en cours contre l’intégrité de nos droits acquis ;
b) se faire complice de son bourreau, en victime consentante ; ce qui exemptera ce dernier de toute poursuite ou condamnation éventuelle.
III/ Tous engagés pour l’assaut décisif
Cher(e)s collègues, enseignants de tout grade,
Pour mémoire, n’eût été la détermination et la bravoure de nos collègues non payeurs de la promotion 2019, restés fidèles aux décisions prises en AG et portées par la Coordination de l’Intersyndicale, le vin aurait déjà été tiré et bu jusqu’à la lie. Nous aurions ainsi enregistré et déploré dans cette promotion les premières victimes expiatoires d’une administration hasardeuse ; nous serions entrain de nous inquiéter pour celles à venir en 2020. Mais, plus personne ne prêterait la moindre attention à nos analyses et plaidoyers, aussi pertinents soient-ils sur le sujet, d’autant que nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude, comme le dit l’adage populaire. Mais, l’espoir est au rendez-vous et la victoire inéluctable en nous engageant individuellement et collectivement, chacun à son niveau, pour la cause commune.
Quant à vous, chers lauréats CAMES des sessions 2019 et 2020,
Vous avez la noble mission de porter la charge du devenir de toute notre corporation à ce moment précis de l’histoire de nos universités. Votre qualification académique vous élève à la hauteur de la tâche, elle est un gage de succès. Les collègues non payeurs des promotions 2019 et 2020 ont montré la voie ; le reste de la « troupe » doit pouvoir suivre et renforcer le mouvement pour une victoire éclatante, en optant résolument pour le boycott pur et simple de l’application des circulaires querellées et l’arrêté subséquent. Par une telle action salutaire pour la survie de l’institution universitaire, vous aurez fait honneur à vos dignes Professeurs qui se sont investis dans votre encadrement en vue d’une relève de qualité. L’intersyndicale, qui n’a de cesse d’exiger l’annulation de ces actes irréguliers, et toute notre communauté vous en sauront gré.
Seule la lutte paye ! Bon courage à tous !
En avant pour la sécurisation et la promotion de la carrière des enseignan








