
Depuis quelques jours, la filière cunicole est attaquée par un foudroyant virus qui est en passe de dévaster entièrement tout le cheptel du Bénin si rien n’est fait pour freiner la saignée. De types visiblement différents du VHD et VHD2, selon sa manifestation et symptômes, cette pandémie qui s’est étendu sur l’ensemble du pays n’épargne en général, aucune race de lapins. Qu’ils soient des lapins sauvages ou domestiques. Dans le cas d’espèce, le fléau est perceptible aussi bien dans les grandes fermes d’élevage qu’au sein de moyennes et petites installations. C’est le désarroi total dans le rang des éleveurs. Même les spécialistes en santé animale et autres vétérinaires n’ont pour l’heure, réussi à cerner la souche de ce virus dévastateur.
Par JosPerzo ANAGO
Sont frappés de plein fouet par cette pandémie, les départements de l’Atlantique/Littoral réputée la plus forte région de production de lapin au Bénin avec 30 % de la production nationale. En seconde position viennent l’Ouémé et le Plateau avec 27 %, suivi des départements du Zou et des Collines (23%). Les statistiques disponibles classent le Mono et le Couffo, 4ème avec 13 % de la production nationale. La région septentrionale s’adjuge les 7 % et au même titre que les autres départements, n’est hélas pas à l’abri de cette pandémie particulièrement mortelle. Une filière pourtant à fort potentiel de valeur ajoutée. Tenez, l’offre nationale de viande de lapin était estimée à 2000 tonnes environ.
Grands et petits éleveurs, durement affectés
Les éleveurs, grands moyens ou petits se plaignent et ne savent où donner de la tête d’autant que les spécialistes de la santé animale sont eux aussi, impuissants devant cette épidémie. Doit-on évoquer un manque de suivi des animaux, non rétorquent les éleveurs rencontrés qui jurent la main sur le cœur, avoir en terme de mesures préventives, fait régulièrement vacciner tous les sujets de leurs cheptels respectifs. Désemparé, Moréno Gnamblohou, un jeune éleveur habitant le quartier Womey se plaint d’avoir perdu en quelques jours seulement, l’essentiel de son cheptel évalué à quelques centaines de lapins alors même qu’il avait à peine fini d’investir une forte somme en achat et injection de vaccin. Un peu partout sur le territoire national.

Virus létal d’origine inconnue
Certains éleveurs, en l’absence de données scientifiquement vérifiables et prouvées sur les origines de cette brutale pandémie, ne tarissent pas de déductions de tous genres. Certains soupçonnent les aliments vendus par les fournisseurs agrées de produits vétérinaires si ce n’est carrément les vaccins qui sont mis en en cause. Face à ce tollé, une importante structure de la place, réputée en prestations vétérinaires diverses a dû momentanément arrêter sa campagne gracieuse de vaccination en prévention des attaques virales de types VHD pour laquelle elle avait déployé sur le, terrain, des équipes mobiles de vétérinaires.

Les services nationaux de santé animale interpellés
Face à ce drame qui frappe de plein fouet une filière au sein de laquelle on notait déjà la quasi absence de l’engagement de l’Etat dans sa promotion et une nette insuffisance d’accès au crédit, il est à craindre le pire si rien n’est fait par les autorités en charge du secteur de l’élevage. Ceux des éleveurs rencontrés se plaignent d’être délaissés ou abandonnés à leur triste sort. La filière cunicole est très prometteuse et fortement rentable si elle fait l’objet d’attention. Les gouvernants doivent y veiller pour l’essor de toute l’agroéconomie du pays. Selon une étude de marché du lapin au Bénin, commanditée par l’organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao), la commercialisation et la transformation rendent les chaînes de valeurs du lapin plus compétitives. Autrement dit, la transformation et la commercialisation constituent les maillons clés sur lesquels on doit mettre l’accent pour améliorer la compétitivité de la cuniculture et booster sa contribution à l’économie nationale. Les principales contraintes au développement de la cuniculture au Bénin sont la cherté et la qualité parfois douteuse des aliments granulés disponibles sur le marché, la faible performance des souches actuellement élevées, l’insuffisance d’organisation des acteurs, l’insuffisance de professionnalisme au niveau de plusieurs acteurs de la filière cunicole, l’insuffisance/manque de formation/recyclage des cuniculteurs, le taux de mortalité élevé, l’insuffisance dans le contrôle de la qualité (des viandes, des aliments cunicoles notamment) dans la filière, le faible engagement de l’Etat dans la promotion de la filière et l’insuffisance d’accès au crédit.
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encadré
Danger : Connaitre le virus mortel de types VHD et VHD2 attaque les lapins domestiques !

Les virus mortel, VHD et VHD2, menacent en ce moment même, les lapins sauvages et domestiques avec un vague d’épidémie. Le seul remède : la vaccination !
Qu’est-ce que le VHD ?
Très contagieux, innoffensif pour l’homme, mais mortel chez les lapins, le virus VHD ne peut être ni soigné, ni traité. Les vétérinaires sont encore démunis. Mais alors qu’est-ce que le VHD ?
La maladie hémorragique virale du lapin, couramment appelé le VHD est apparut dans le nord de la France dès le début du XXème siècle. Depuis 2010, le virus a muté, pour devenir plus résistant aux traitements et se transformer en VHD 2. Ce virus ravage non seulement désormais tout le territoire, jusqu’au sud de la France mais est présent sur d’autres continents dont l’Afrique.
En moins de 72h, le virus peut se loger dans l’organisme de votre petit lapin. Crise d’éternuements, phases d’excitations, spasmes, hémorragies nasales, buccales et anales… Qui provoquera inévitablement la mort de l’animal. Ces symptômes fréquemment recensés, peuvent cependant être inexistants chez certaines espèces. L’animal meurt alors soudainement et seule l’autopsie peut pointer le VHD.
La vaccination: seul remède efficace contre le VHD !
Pour lutter contre ce fléau, il n’existe encore aucun traitement et médicament pour endiguer le virus. Cependant, en prévention, vous pouvez vacciner votre petit compagnon et lui garantir une longue vie en bonne santé. De nombreux vaccins sont en vente et sont très efficaces comme le Cunical, Dercunimix, Nobivac, Fivalac… A renouveler tous les 3-4-6 ou 12 mois selon les traitements, il est important de bien respecter les indications. Pour plus d’informations, demandez conseil à votre vétérinaire qui vous donnera le vaccin adapté à votre lapin et le vaccinera puisque c’est le seul professionnel autorisé à administrer ce traitement.
Des précautions drastiques pour éviter la contamination…
Le virus reste présent et actif dans l’air, durant 3 mois et peut se transmettre de diverses manières, par contact direct
- le contact avec un animal contaminé
- les déjections, les poils, mes sécrétions nasales
Ou par contact indirect :
- avec le fourrage
- avec le matériel infecté par un lapin contaminé (cage, jardin, pièce…)
- avec des insectes et petits rongeurs (vecteur du virus)
- avec l’homme qui peut être porteur du virus et le transmettre
Si vous êtes dans une région contaminée, évitez de sortir votre lapin et gardez-le bien au chaud, près de vous. Les beaux légumes du jardin que vous donnez à votre animal de compagnie doivent être parfaitement bien lavés (tout comme vos mains), ou épluchés, pour détruire les potentielles déjections et contaminations par les lapins sauvages. La litière et le foin propre doivent-être à l’abri des insectes.










