Attendu comme un faisceau pouvant éclairer sur l’orientation de la conduite de l’État par Patrice TALON, après les braquets sociopolitiques de ces 8 derniers mois, le remaniement ministériel révélé vendredi dernier ressemble plus à un canular ; une pantalonnade, titrait un esprit titilleur.

Ramener au gouvernement, et au même poste, un ministre limogé il y a un an ; faire d’un avocat versatile, encore virulent pourfendeur du pouvoir et son chef il y a à peine quelques mois, son ministre de la Communication et porte-parole du Gouvernement ; remettre en selle un ancien ministre de son prédécesseur ; le nouveau coup du Président Patrice TALON est un poker menteur déroutant.
Ce à quoi, déroutés et visiblement pris de court, de célèbres « fous du roi » ont alerté entre autres sur l’absence d’éthique et un jeu de perte de crédibilité d’un gouvernement qu’ils ont de tous temps, défendu, bec et ongle. Dans ce qu’il a intitulé lui-même, « Commentaire à chaud sur la nouvelle équipe gouvernementale », Benoit Illassa a posté sur sa page facebook : « Les ouvriers de la première heure et les artisans de la victoire de mars 2016 ont été oubliés et marginalisés. Idem pour la diaspora !!!

L’ex ambassadeur, dépouillé de toute forme de diplomatie benoite, écrit rageusement : «… Le PR a préféré faire appel à ceux qui nous ont combattus sur le terrain et aux ouvriers de la 25ème heure. Mais soyons sereins. La roue tourne et continuera de tourner ! » L’allusion est on ne peut plus claire. La présence au sein de la nouvelle équipe gouvernementale “ré-manipulée“ de celui qui en était il y a juste quelques mois, l’un des plus illustres pourfendeurs, pêche à bien des égards.
Prendre Alain OROUNLA aurait pu être considéré comme un pied de nez à ceux dont il était l’Avocat. Quoiqu’au-delà d’une satisfaction personnelle d’étaler, en public, l’absence de crédit de la nouvelle recrue, cela trahit que Patrice TALON tient peu au crédit. Et là, ce n’est pas pour l’Avocat qui se dédit entre deux audiences qu’on se pince le nez; c’est la compagnie au nom de qui il parlera désormais qui pue le faisandé. De toute évidence, Talon a joué ses cartes et que désormais, roule Orounla.
En réalité, l’opération tourner en dérision le pourfendeur d’hier se révèle être du racolage de petit mercenaire.
Cela traduit le mépris exprimé publiquement au cercle des caciques de la rupture, qu’il n’y en a pas un seul digne parmi eux pour porter la parole du Gouvernement qu’ils défendent à tue-tête.
Et quand on ramène un ministre démis de ses fonctions il y a peu avec fracas, il y a tout lieu de penser qu’il s’agit de la réhabilitation de Hervé HEHOMEY qui se réinstalle dans son fauteuil. Votre journal La Dépêche qui a cru devoir lui souhaiter du bout de la plume, un charmant «Bye Bye Hê’home’y» devra se résoudre à lui faire plutôt un chaleureux «Welcome back Hê’home’y», et justice sera faite.
A moins qu’il ne s’agisse de la preuve du désert de compétences qui oblige au recyclage des serviteurs usés. Et on comprendrait alors le retour au maroquin de Jean Michel ABIMBOLA qui avait servi au même portefeuille chez YAYI.
Et tout ce cirque devant les rupturiens groggy et hébétés devant un tel jeu de poker, truffé de coups de bluff, qui annonce que Patrice TALON est un joueur qui sort de ses manches des cartes à la limite de la provocation.
ACM










